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Full text of "Le Scandale de Québec [microforme]"

CIHM 
Microfiche 
Séries 
(Monographs) 



iCMH 

Collection de 
microfiches 
(monographies) 



11 



liwtmiM fo» Htotorieal MlerorapradiictiOM / Institut cwMdten d* mierorapraduetlaiw Mttoriquw 



©1995 



Technical and Bibliographie Notes / Notes technique et bibliographiques 



The Institute has attempted to obtain the best original 
copy avallable for filming. Features of this copy which 
may be bibliograpliically unique, which may aller any of 
the images in the reproduction, or which may 
significantly rhange the usual method of filming are 
checlœd below. 



D 

D 

D 

D 
D 
D 

D 

D 

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D 

D 



Colouied coveis / 
Couverture de couleur 

Coveis damaged / 
Couverture endommagée 

Covers restored and/or lamlnated / 
Couverture lestauiâe et/ou pelliculée 

Cover une missing / Le titre de couverture manque 

Colouied maps / Cartes géographiques en couleur 

Coloured ink (i.e. other than blue or black) / 
Encre de couleur (i.e. autre que bleue ou noire) 

Coloured plates and/oi illustrations / 
Planches et/ou illustrations en couieui 

Bound with ottier material / 
Relié avec d'autres documents 

Only édition availatile / 
Seule édtion disponible 

Tight binding may cause shadows or distortion 
along interior margin / La reliure serrée peut 
causer de l'ombre ou de la distorsion le long de 
la marge intéiieure. 

Blank Isaves added during restoiations may appear 
within ttie text. Whenever poss'ble, th^e tiave 
basn cmUted from fUming / Il se peut que certaines 
pages blanches ajoutées lors d'une restauration 
apparaissent dans le texte, mais, ioiaque cela était 
poesibte, ces pages n'ont pas été filmées. 



L'Institut a microfilmé le meilleur exai. .plaire qu'il lui a 
été possible de se procurer. Les détails de cet exem- 
plaire qui sont peut-être uniques du point de vue bibli- 
ographique, qui peuvent nxidifier une image reproduite, 
ou qui peuvent exiger une modifications dans la méth- 
ode normale de filmage sont Indiqués ci-dessous. 

I I Coloured pages / Pages de couleur 

I I Pages damaged / Pages endommagées 

I I Pages restored and/or laminated / 
' — ' Pages restaurées et/ou pelliculées 





D 


D 
D 



D 



Pages discoloured, stained or foxed / 
Pages décoloiées, tachetées ou piquées 

Pages detached / Pages détachées 

Showthrough / Transparence 

Quality of print varies / 
Qualité inégale de l'impression 

Indudes supplementaiy matertal / 
Comprend du matériel supplémentaire 

Pages wholly or partially obscured by errata 
slips, tissues, etc., hâve been refilmed ta 
ensure the best possible image / Les pages 
totalement ou partiellement ot>scurcies par un 
feuillet d'errata, une pelure, etc., ont été Aimées 
à nouveau de façon à obtenir la meilleure 
image possftile. 

Opposing pages with varying coiouration or 
discolourations are filmed twice to ensure the 
best possible image / Les pages s'opposant 
ayant des colorations variables ou des décol- 
orations sont filmées deux fois afin d'obtenir la 
meilleur image possible. 



D 



Addiâonal comments / 
Co mm entaires supplémeniairB s : 



This itMn is filmad at tht raductiofi ratio ehackad balow/ 
Ce ftoeumant est fthni «ti taux de riduetton indiqui ei-dc«seus. 
10X 14X iax 22X 



XX 



c 


























y 


















D 



20X 



2«x 



2tX 



Th« eopv «ImMl har* haa bMn raproduead thanka 
to tha ganaroalty of : 

National Llbraxy of Canada 



L'aïamplaira filmé fut raproduit grica t la 
généroaité da: 

Bibllothiqua nationala du Canada 



Ttia Imagaa appaaring hara ara tha baat quallty 
pooaibla eanaidaring tha condition and laglbility 
ef tha original eopy and In kaaping with tha 
fllmlng eontract apacif icatlona. 



Lat imagaa (uivantaa ont été raproduita* avae la 
plut grand *oin, compta tanu da la condition et 
da la nanati da l'oxamplaira film*, at an 
conformlt4 avac laa eondltiona du contrat da 
filmaga. 



Original eoplaa in printad papar eovara ara tllmad 
baginning with ttia front eovar and anding on 
tha laat paga with a printad or illuatratad Impraa- 
aion. or tha back cowar whan appropriau. Ail 
othar original eoplaa ara fllmad baginning on tl<a 
firat paga with a printad or Illuatratad Impraa- 
aion, and anding on tha laat paga with a printad 
or illuatratad impratalon. 



Laa aaamplalraa originaux dont la couvartura an 
paplar aat Impriméa aont filmét an commancant 
par la pramiar plat ot an tarminant toit par la 
darnièra paga qui comporta una ampraima 
d'imprattlon ou d'Illuttration. toit par la lacond 
plat, talon la eaa. Toua lat autrat axamplairat 
originaux tont filmét an commancant par la 
pramiéra paga qui comporta una amprainta 
d'impraaaion ou d'Illuatration at an tarminant par 
la damiéra paga qui comporta una taiia 
amprainta. 



Tha laat racordad frama on aach microficha 
thall eontain tha tymbol — ^ Imaaning "CON- 
TINUED"). or tha tymbol ▼ Imaaning "END"), 
whiehavar appliaa. 



Un daa aymbolaa tuivanti apparaîtra lur la 
darnièra imaga da chaqua microficha. talon la 
eat: la tymbola ^ tignifla "A SUIVRE", la 
tymbola V tignifla "FIN". 



Mapa, plataa, charta. atc. may ba filmad at 
diffarant raduction ratlot. Thota too larga to ba 
antiraly includad in ona axpoaura ara fllmad 
baginning In tha uppar laft hand comar, laft to 
right and top to bottom. aa many framaa aa 
raquirad. Tha following diagrama llluatrata tha 
mathod: 



Laa cartaa, planchât, tablaaux. atc. pauvant étra 
filméa é daa taux da réduction différant!. 
Lortqua la documant aat trop grand pour étra 
raproduit an un aaul cliché, il aat filmé i partir 
da l'angla aupériaur gaucha. da gaucha i droiia. 
at da haut an bat. an pranant la nombra 
d'imagaa nécattaira. Lat diagrammat tuivtntt 
illuttrant la méthoda. 



1 


2 


3 




1 


2 


3 


4 


5 


6 



«"ctoeofT nsoumoN tbt ouït 

(*NSI ond ISO TEST CH«T Ne. J) 



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1653 Ea>t Main SIrMi 

Rt>ch«t«r. H*. York UfOI USA 

(716) «2 - 0300 - Phon. 

(716) 3Ba-»B9-Fa> 



• • LE] 



Scandale 



. . DE . . 



QUEBEC 






LE SCANDALE 
DE QUEBEC. 

Député et Conseillers Législatifs 

qui mérite le péniteiicier.-- 

La Barrière de Péage. 

Humiliation profonde pour 
la Province de Québec. 



I/articlc UM du cmk- erimiiicl dit: 

"Kst coiipaUe d'un acte crimiiii-l et pussibl.' ■!, .niatoiw ans 
il euipriBoiiiitmeiit celui (|ui,— 

(a) oceui)ant une ehai-ge .judiciaire, ou étant membre du parle- 
ment ou d une législature, véualenunt accepte ou olitieut, ou convient 
d accei-tei-, ou dierche à obtenir pour lui-même ou pour lui autre 
quelque argent ou valeur pécuniaire, charge, place ou emploi «uel- 
conque, en considération de r,„eliiue chose déjà faite, on omise ou à 
faire ou a omettre ensuite par lui ilaus l'exiTciee de ses fonctions in 
diciaires ou en sa qualité de député ; on, 

(h) donne ou offre il une telle personne, en vue de la corrom- 
pre, on a (|uel,|ue antre personne, quelque présent ou appât ainsi qu'il 
<«t dit plus haut, en considération d'une pareille conduite 

La lecture de cet article montre toute la gravité de l'acte dont se 
sont rendus coupables, à la session dernière MM. J O Jlousseau 
député de Soulanges, L. P. Bérard, (•onsciller législatif pour la divi- 
sion de Lanaudiere, et Achille liergevin, cinseiller législatif pour la 
division de Repentigny. 

Ce député et ces deux conseillers législatifs sont membres du 
parti libéral. L un d'eux, M. Bérard faisait partie de l'étude de 
M. Gouin, premier ministre, et était apparemment son homme d'af- 
faires. 



H y a au pénitencier de Saint- Vincent de l'aul de pauvre* indi- 
vidu* qui ont enfreint leH article» du code criminel bien moiua gravea 
que l'article 1S6 que noua venona de citer. Le malheureux qu< vole 
un pain pour nourrir aa famille, ou qui «'empare du paletot de aon 
voiain pour ae garantir contre le froid de noa hiver», mérite moina 
le bagne que cea légialateura qui mamiiient A leur» aerinenta, rendent 
leur influence aervile et dealioiiorent leur» compatriote». 

Le gouvernement Oouin et la majorité libérale de la légialature de 
Québec viennent de faire aubir k la »eule province f ran^alae de l 'Amé- 
rique une humiliation'profonde. 

Voici quel» aont lea faita de ce acandale, qui a eu un ai grand re- 
tentiaaement dana tout le Dominion. 

Depuia quelquea année* on chuchotait que sou» le parti libéral 
A Québec, et particulièrement aoua le régime Gouin, se pratiquait 
la corruption la plua effrénée. Toua ceux qui ont eu affaire avec la 
légialature en aavent quelque choie. Il y a dea barrière* i payer et 
le* taux de péage aont proportionné* à la boune dea p^raonne* inté- 
reaaéea i l'adoption dea lois. Lea conicience* ae vendent ouvertemeAt, 
et le* députés libéraux aont cotés comme lea action» à la boune. 

Il y a i l'Assemblée un comité qui est supposé examiner tous les 
bills privés dont on demande l'adoption. M. J. 0. Mouaseau, député 
libéral de Soulanges, en était le prMdent. En sa qualité, il encaissait 
les fonda non aeulement pour lui-même, mai» auaai pour les autres 
députés qui, disait-il, appartenaient "au bon parti", autrement dit 
au parti qui se vend, au parti au pouvoir. M. Mouaseau était l'agent 
de ces députés et conseillers législatifs libéraux sans honneur, qui 
trahisaaient leura mandat» et con»entaient à pasaer les loi» lea plua 
contraires à l 'intérêt public et les plu» néfaates en échange de quelquea 
valeurs. Il servait d'intermédiaire aux deux chambre». Il évaluait 
»ea collègue» k des somme» inégale», selon leur état de fortune ou leura 
milieux. Pour un député du bas du fleuve, il exigeait moin» que pour 
un conseiller législatif de Montréal. 

Mai» il fallait découvrir le» coupable», faire contre eux une preu- 
ve claire comme de l'eau de roche, car l'on n'était pas sans savoir que 
le régime sous le(iuel il» opéraient, ferait tout en son possible pour les 
défendre, pour éteindre le scandale que ne manquerait pas de aoulever 
semblable» révélation». 

Pour ne pas éveiller le soupçon des concussionnaires et des trafi- 
queur» de leur mandat, on eut recours aux service» de l'agence Bnms, 
reconnue pour sa grande habilité et son honnêteté fonscientieiisf. 

En cela, l'on agissait exactement de la même façon que le» "in- 
former»" payés par le gouvernement Gouin, pour aller acheter de 
I "alcool dans les maison» louches afin de faire pa.ver l'amendo aux 
personne» qui enfreignent la loi des licences. 

A cette fin, un bill fictif fut préparé avec une demande de pou- 
voir exagéré, et jugé même par l'honorable R. Lemieux, nn des as- 
sociés de l'étude de M. Gouin, comme contraire à l'intérêt pulilie. I)ill 
connu »ou» le nom "The Montréal Fair Association of Canada". Ses 
auteurs se donnaient le droit de tout faire ù peu près ci' que (h'^fend 
Is loi des licences et le cotlc municipale. 



hea (lirocteura proviMirra étaient D. F. Muyi'n. ilc .Maiitri'Hl, 
John Butisno, di- New-York, Ueorge Haiiipiion, ilr .Moiiln-Hl. et 
David W. Hyland. de New- York. 

Hyland n'était autre que M. 0. B. Diddinger, awliitant gérant 
général de l 'Agence Uurna, eeiui même qui a traqué lea fr6re« Macna- 
mara, fameux d.vnainitarda, it leii fait condamner au pénlteneier. 
Sampaon était M. Samuel Maloney, autre membre de l 'dgenee Uuri «. 
Cet agents ouvrirent un bureau daii l'édifice Uulutli, rne Notre- 
Dame, à Montréal, soua le nom de J». i n and Companv, con'ni •teum. 
Tout était prêt ; il n'avait plui qu'à n.érer. 



LES DETECTIVES A L'OEUVRE 



Cynisme du député Mousseau pré- 
sident du Comité des Bills privés. 



Achats de Consciences 



II 

On peut voir par les extrait» suivante <lu la preuve juntiu'A i|uel 
t]pgré de corruption en était rendu le parti libérnl. hv Président du 
Comité des Hills privt'v diseuto l 'achat dfs eonseienees avee la facilité, 
l'aisance, la verve d'un député ((tii n'en cHt pas à ses premières armes. 
Ce n'est évidemment pas la première fois ipi'il trafique sur s«m ser- 
ment d'office. 

M. Maloney, qui a fait le» "arrangements" avec lui l'a trouvé 
bien disposé et tout à fait au courant de son affaire au l'ait de earot- 
toge. Voici ee qu'il dit dans son témoignage (p l\G) : 

"Le 24 novembre, Mousseau est venu seul à mon !)ureau et nous 
avons parlé du hiU, et je lui ai demandé eonduen cela coûterait pour 
faire passer le bill. "Ëli, bien, dit-il, il ne pensait pas que cela coûte- 
rait beaucoup, environ $2,000.00 à é2,."iOO.OO. Je lui «i dit: "Je vous 
donnerai $500.00 argent comptant et $2,000.00 quand le bill serait 
finalement adopté. Je lui ai donné un billet de banque de JtsîiOO.OO. 
ce jour-là. 

Q. — l'our(|uoi lui ave>.-vous donné cet argent? 

R. — Cet argent lui a été donné pour faire passer le bill connu 
sous le nom de "Montréal Fair HiU". 

M. Mousseau devait aller à Québec et me dire à son retour où en 
étaient les choses." ^^^—^^^^^..^^ 

Le Boodlage en Actions 



M. Alaloney, à la page 116 de son témoignage dit: 
Q. — Vous rappelez-vous ce qui est arrivé le 13 janvier dernier 
à Québec t 



R. — Oui, trè« bieu. Je m» rappelle (juu Mou. M*au eut veini à luu 
chamhro & l'hfttpl. M. Ilylantl pt moi étiniiH pnWntn rt MuuNm-iin h 
demandé $1,000.00 pour un membrr dt- la Chamlne llauti-: iM^NIlH) 
argent comptant et $G00.0(), (juand !«• Mil wrait ud(i|tt«'. 

A la paK*^ 121 Maloiiey, dit: 

M. Moutuieau eHt vmu daim lu i-liitiiilirr vt n dit i\\\f M. Dr V.t- 
rennei, du conw'il héititilHtif était en Ixw iIiiiin uim' cliaiidiri- l'I iiui* M. 
DeVarenneti h m'cupt-rait dr notre hill pour il'l.*HM»,(Ml, dont !|i4(H).0() 
enmptunt et )|ifi00.(M) <|uand lu lùll puiwrait. M. Uifldintj;<>t- idotM donna 
.-ti400.00 H M. MouBMoau. 

Kt h 1» paffc 122: 

.l'iii ftfjr'ontré M. Moussiuu dtum h- eorridor. CVtail le l'i. ou 1*- 
1!», le jour NiiivHiit. M. MoiiHstau un* ilit qu'il y uvnit une petite difti 
«•ult>'' tiu Kujct (h' M. DrVarenni'H. 

Il dit i|ue DeVarfiiut'M n'ufn'ptrrait pas .+ 1<M),(I0. Il «-xiiTtait 
ifi'i.lHIO.OO. J'ai dit à MousNi-itii t|Ui- hi-N'aniini-H pouviiit l<ii-rt alK-r au 
iliuMi' avant dr m'i-nli v.r .•t'.'i.OIMI.Od, i|iir jf lui domirraii itc_MH)(t,(iO 
eoinptant rt !i<l.(H)0.(H) liirs d<- l'iidoprioti du )>itl. .M. DrViin-nnr.s rtait 
:'. et- iiioiiH'iit (l('l)oiit i-ri citrixii-Matiori tivrc dmx iii<li\idux tl j'iii ilii : 
Voici l>t'\'iirtnnes, ailn- lui .tir.' cr *\w .).■ vtuis ai irpnridu. Il tM allr 
îrouvn- DiA'iiii'tiii s et tous d<-iix se M<nit r. luhis à l 't-xtréniitt' du i-nr 
ridor où ils t-utrul uiir lont.'iir nirivcrsiition. it .(uaud Moii.^s.iiu est 
fi'vcnu il m'a dit: " l>i'\'iintiiics pi- iidra .t'J.iHHMKI. Kli. Ipi.n. iii-j-' 
«lit. Cflii iiit> va, lî'-Ntiu-nt-/ voir livlainl il pr.' */ liil.fHHI.IH). piftu-/ 
^tîWt.UO iL.- )tliis. Vous av.-z !î;|'>0.()0 diiiis vol podi.-. ft'ni.-tî.z-lrs 
( ','t, apr's-iiiidi l;i. Mouss.-au cit diM-nidu vt ; ,. Jî^tiiMMH). puis il ji 
dil ; " Vais ji- I.-s n-uifltri' itiaiut.'Hiuit " J Kt .j'ai rrpondn. oui. 

^^. Krank I). Kryes. st.'nof;raplii' it opr-rati-iir il'i (L'it-rtoplimw 
'|ui il tout-futi'ndu et iiotr U\s convoi-satirns <!.> Moiishciiu avei- llid 
liiiiL'i r dit. ;\ la p;ii;i' 177 .I.' sou trittiiiLnuiir" : 

"MuNss.-au dit ((iir jîtTiird p(iufr;iit pi'.il'.ililfitÉ. ut ;M(i. !■ ;i ise 
de l'amitié que le premier ministre a pour lui. Il 'ht 'im- >mu .'-la 
Mrrarii lu' M-r-iiir p:is m'-i-is-siiin- it qm- s'il atfi\iiii '|ii' Ijii.' unniix.- 
uii-rit. il n'i-^tiiuiiit pii> >v\>- li.'rii-.l ii.mrr.iit y i-. mr.li. r, -le .in'-.. 
iijoula-t-il, <p"' "ous anr.Mis in Ini li- niiill.-ur M-iH-t'sfiitaiit .h i.i 
fhaiiil.n' llattlr, Ai.n^. il .lit mu.- I".. vai-.i .'tiiif Tii'!.' .Mont iVmI;,-.,. 

XcMlS aurons .|Ur].|H. n ti;i ml'i-.-^ tli' r, |>- (,JUi''iir.-itU.ii'"-. .1 ■ i!-» !>•' 

<^M>'lii>c.(nnis viv.'iit ilii t:iin\ i l'ii.in. nt, * ' 

M. nid.lintri-r. h .vit- iMt.rvi,.u. j. .I.ujim'. .-.'.oiMit) ., ;,I M.ni-.., ,,ii 

Kt. plus loin, p 17--' : 

Au cours dr ri'Iti- inl'-rviru , M<'(l-v :in a liil : ' ' -ir .lMr;r:.-, mi --'Ui l 
■' quelqu'un et ■'*^."'0.fHl au ur.n'icr ilu .-nniil.'. tt tii^mir ;iii\ Dlliricv- 
»ii loi, " 

>r. trousseau ii dit qu'il pfiiM.it >[\u- $;mil,(i|) à .-r.iHi.dd srrai* -i.f 
f.>aut pour r.r. iJcrard. 

Kt paffc IM); 

Plus loin, au cours di' la conxcrsatioii. M. .Mfiii>>. ;iii ilù ; " .j> puis 
avoir quinze nienilires de la rimtulu'c .lu ('nri>-;''il. .!•■ puis ■ ii nvdi-' 
Uïi ffrand noTultrc de luitrc côte— ic ci'it.'' liltci-al, .■.itairu-irimi j'Ios 



6 

tic ({uiiize ou vingt ineiiibres qui voteront en faveur du hi\l dans le 
comité des bills privés. 

Page 185: 

M. Mousseau a rappelé à M. Biddinger qu'il devait garder la 
moitié de Targent payé aux membres de la Chambre Basse. 

Q. — At-il mentionné un chiffre t 

R. — La moitié de $2,300.00. Cet argent a été payé à Sf. ilous- 
seau h ce moment-là par M. Biddinger. Il lui a donné 13 billets de 
banque de $50.00, et 5 de $1.00. H. Kouiean les a comptéi. M. Bid- 
dinger a demandé si c'était correct et M. Mousseau a répondu: 
"Oui". 

Page 188: M. Mousseau dit. "Je ne cornais pas très bien la 
situation dans la Chambre Haute, mais nous sommes sûrs de notre 
affaire avec nos amis. Dans la Chambre Haute, voici la situation; 
Une groue majorité Libérale. — il y a vingt-c|uatre membres, quatre 
membres conservateurs. Ensuite, le représentant officiel du Gou- 
vernement dans la Chambre Haute est Pérodeau. Je crois que notis 
pouvons nous fier à M. Pérodeau. ' 



La plupart de ces entrevues scandaleuses, au cours desquelles 
S' discutaient les achats do consciences des législateurs libéraux 
avaient lieu aux chambres 369 et 479 du Château Frontenac, à Qué- 
bec. Et que l'on ne vienne pas dire que Mousseau n'a fait que suc- 
comber à la tentation. Il a insisté pour se faire payer. 



BUSINESS IS BUSINESS 



Voici ce que dit à ce sujet le ténioiu Keys, p. 190 : 
"Je crois qu'il serait bon maintenant de régler avec les mem- 
bres de la Chambre Basse. Il fut d'abord entendu entre nous qu'un 
certain montant serait payé à cette Chambre, entre M. SamfiRon, moi 
et vous, (M. Biddinger), et je devais avoir la moitié argent comp- 
tant et la moitié quand le bill serait passé. Peut-être avez-vous com- 
pris : après que le bill aurait été adopté par les deux Chambres. Il a 
été convenu entre les députés et moi que ce serait la moitié argent comp- 
tant et l'autre moitié lors de l'adoption du bill. Votre manière de 
comprendre peut être intelligente, mais je crois que le moyen le plus 
sûr serait de payer maintenant. Voici pourquoi: tous ees gens sont 
au courant. Supposons que vous retardiez le paiement de l'autre 
nioitié ju8(^|u'h ce que le bill ait été adopté par les deux Cliambres, 
ces gens attendront et pourront se désintéresser de l'affaire. Si vous 
réglez avec eux maintenant, ils ont des amis dans la Chambre Haute 
et si vous leur confiez la tâche d'assurer votre succès, je puis les 
contrôler en leur disant: Vous êtes bien avec M. M. un Tel de la 
Chambre Haute, voyez-le donc. C'est un de vos amis, voyez-le aussi- 



tôt que vous pourrez. A!»urez-vou8 de lui et nous le réglerons. Je 
crois que c'est dans l'intérêt du "scheme" de payer la seconde moi- 
tié et il serait dans votre intérêt de la payer maintenant, avant que 
Ih Chambre Hante s'assemble." 

Page 192: M. Biddinger a demandé à M. Moussoau quelles 
sommes, d'après lui, les conseillers législatifs devraient recevoir et 
MouBseau a parcouru une liste il y a eu beaucoup de discus- 
sion là-dessus et enfin, on s'est entendu sur les noms suivants: 

Q. — Donnez ces noms, s'il vous plaît. 

R. — Je commence par M. Alonsseau, itl, 150.00, c'est la balance 
qui lui revenait. 

Bérard, fii.000.00 

lanotot, 1600.00 

DeVarennei, |1 .000.00 

Turreon, $300.00 

Cillman, $200.00 

BergtTin. |100.00 

Firodeao, $S00.00 

M. Bergevin, plus tard, a été mis à #200.00 au lieu de .tlOO.OO. 

Page 194: Durant la conTcrution, U. Biddinger a donné à H. 
MoDMean $1,000.00 ponr lui-même. 



BLANCHISSEZ VOS NEGRES 



L'Enquête a été une farce. Mous- 
seau mystérieusement malade. 



MM. Taschereau et Tessier empê- 
chent la preuve de se faire. 



Il faut une Commission Royale. 



Lorsi|iii' It's révélations (jui prmVlt'iit ont vU' «'oiitiues, un cri 
'1 "inditrnation s'ost (''levi* par toute la province. Kiifiii, v.o t\\u- Ion 
se chufiiottfiit i>artout, était la vérité. Itv vol rt I Vxploitutioii sv 
[►ratiqnaifiit ilaiis la léffislatnrc libérale de Quélice. Les vi>Itiirs 
avaient été j)ris la main dans le sae. Minisscaii. lîérnril et Iti-rircviii 
viils é|;iiiii1 pour li- moment liéroiiverts. mais li était évident, d'après 
l'-s dériiirat itms de Aituisseail, ijlle iji \t-!it>' des eniisi-i.-Mees était L'éné 
t ide d:in> la dt'putatii'ii. <|in ;t[ipiiie le eai'iii'I (.oiiin à (^iiéhi-i-. 

Dans l'opinioii de ions, la léirislatiu't- était eoi-niinjmf. L,; tait 
.-st. (|ue n(»ns avons à <,;nél>ee I Assfadiii'-' J-''i,nslaîive et \<- Cniiseil 
Législatif les plus eoiTompMs qui aient .iaieiiis teiiii l,t réputation 
d'un ]iays. Le <;rand malliiMir est ((lie (■.■ j>ar!rnii'tit sr l'.mipusr de 
* anadicns-fran':ais. La seule té.Ldslaî iir-- ffiineais-' >\i- l 'Ahiériiiii.- a 
■ té di-slionoré pat* ii' parti liln'ral, 

(Jii.'l étal) m ers eii'eonsiiui'Ts l,- d'*\(iir -j nîi ^''oitvri-iiriie-r;! Ii.in 
t cte, eeiiM-icre-icux et di<;ni' de sa pnsitien. 

X'étaiî-ri- j.a.s de laettre de ei'.ié tuut e>pnt d. pai-tl. lent Hité 

fét persnnni-l. et île .s"élf\er aii-dcssns des me>(quitierit s pdiir r.v.n 
diqiie!' l'horiMeui- d'- la pi-ovitiee (t de nutrt raei-.' 

Ester IjIi h re ijii-- l 'on a fait ? 

M, (iouin. a\'fe luif maïuaisr Un ii}cuiir,'va('[e. s'.'st l--v.> de son 

.•%ièjîe cl ; iiruinis de ùiire ■ .■n>(iiét. eninplrir. d'allfr .iiis)|iran 

tréfonds d.- l'affaire. 

Il parlait |>uur la «aUrie. Il eli. rel.itit i -tl'.t d'un mem.nt 
pour pallier Ir.s Lint.s d<- son parti. 



Mais quaud le moment d'agir est arrivé, le premier ministre, 
effrayé des conséquences terribles pmir ses amis politique si une eo- 
(|uête générale avait lieu, a reculé. 

Il savait bien que si Ton promenait la lumière sur la conduite de 
ses partisans, ce serait un désastre inoui pour les libéraux qui dis- 
paraîtraient sous le mépris populaire. 

Alors, M. Gouin et son coryphée, M. Alexandre Taschereau, 
sévertuèreut à restreindre autant que possible les pouvoirs du co- 
mité spécial qui, pour donner le change à l'opinion, encpiêterait seu- 
lement sur la conduite de Mousseau. Celui-ci était déjà découvert. 
La preuve contre lui, écrasante, terrible, avait paru dans le "Mail" 
ile Montréal. Ce n'était pas celui-là qu'il fallait dénïas<iuer, puis- 
qu'il était démasqué déjà. Main le devoir d'un premier miiiiKtre 
soucieux de son honneur politifiue était de demander lu nomination 
(l'une Commission Koyale eomposée de juges impartiaux, étrangers 
i"i la politi(iue et reeonnus p()ur liMir inté{;rité. Ce nVst j)as un eouuté 
de la Chambre, eomposé des collègues de t'aeeusé, et soiip'.-onnéa eux 
mêmes, i|ui imuvait rendre jiistiee. en de telles eireoiistariees. Natu- 
rellement la majorité de ee comité spéeial était libérale et recevait 
ses ordres de M. fimiiii «ini eliercliait surtout à enii)èeher toute preu've 
eompromettante pouf sou i)ui'ti. ^l. Tessier. député de Trois-lii 
viéres, faisait partie de .-e eomité. (.'ette eiKjuète fut une farce. Toute 
preuve tendaut à établir ipte d'autres députés à purt Mousseau 
«'•taieut couitables dr eorruptiou fut soifîueusemi'iit ititenlite par le 
présideut. Mou-iseau fut lâehé par thssus bord i)uree que sa cidpabi 
lité était indéniable: mais im proléireu l.-s députés (pii. depuis quinze 
iUis. lU dépit de leur sernii-nt. votent pour \\u\ les ai-liètent. n'étu 
dient pas les propositions de loi soumises s\ hi léftislatnre et seriiienl 
jtréts i't jdaeer la provim'<' dans les situations les plu»; (i!Ui<re relises 
pourvu qu'on leur ijrnjtieîte quebfues misérables ^liastres 

Au mctinenl où l'emiuête allait eimimeneei* ^lunssean tnmlia ma 



mit 



lade. ('oïneideiice l'-Iran^e, L'a'''*iist' s'alite .iiist^' à l'iii 
<tbie s'était-il doue passé.' l),-s rmu. urs siiiffuli'' r 
il eai'aetèi'e tf>ut ftarticLiliei- di i.tic niidadie. \'o 
eroyons la plus phnisilile. .A[oi[ssriiii a '''lé dT'o<:iié ( 
poiscmiienir-nt. *^ni l'ii dinjrué.' H \.r h' s;ur pi 
('Il dit l'ouranimi-iit i|iir ce so'tii ijMeiijUc^ uns de si 

V>'S •|lli ont en peUI- r]r ^. •< l-rVi'lalMill>, li ft.lil ■ 

la }>luparl des Milnir-^ i{iii pillent !<■% eoiiTriÎH 
Jure. Vai sa (ju;diti' i]<- jirf'sidcnt du Cimiit'' 
distribué rjuj:eiii ji tous les di']Mités lit'» r;inx 
st.rmeiit i-t vembiient leur \()te. r"r*,t l^j .pti 
preiuiif le pul'Iie à hi irorjre et di>rrilin;iit le 
parmi les partisans de M. (ionin. Il eounait 
L.'S Inis l.'s pins j,h,i 



ii snnffi- 
Ini-mèiiii 
an'-i.'ns ■ 



iiidi'iuée. 

■eul- sur 
[Ue nous 



h iiie>iir 
ables .1,- 



lihér 



la dêpntalioi 
fiables, ont [liiss.- p; 
l:illels de baiiqne. 

Les p|-l\ il'"'ir<s les plu.s Siilllda! 

incobérenli's uni eié jidoplés sons s 
plots qu'il oi'u'anisiiit. un eniirs di 
('hâteaii Front. -nae .\li, si! avait 



s .lans la léuisia 
.'. des llills Prives, il a 
IX. <|ui iritbissaient, leur 
i aehi'tait : e'est lui qui 
.■s fi.nds de enrruplion 
t tout I 'a\ilissetrlen1 dv 
rd'S e1 j.s pli;-, jtiinsti 
baiiil'- uiiiliiieilallelt des 



. h -> luis d e\e. pilon It-s pins 
ireetion. après les petits eom 
>* di\ei-s fins si fr-équetits nu 
i-rv,'- les If'vres. M linniti lom 



10 

bail de son piéilt-stal, le pouvoir échappait aux Jibéraux, mais les 
CanadieiiH-francai!) auraient passé pour des gens qui punissent le 
eriino au lieu de l'encourager. Voilà ce que les ministres ont voulu 
empêcher. Dans toute cette sale affaire, ils n'ont pas vu plus loin 
que leurs portefeuilles. Ils n'ont pas mcrae songé un instant à sau- 
vegarcli>r l'honneur de la race. L'important pour eux était de con- 
server leurs positions. Petits hommes, pitres dépourvus de sens mo- 
ral, incapables d'une idée noble, ils s'agrippent au pouvoir par les 
moyens les plus vils et compromettent la réputation de tout un 
peuple. 

Ils ont bâillonné Monsseau pour cacher leurs turpitudes. 

M. Tessier qui cherche aujourd'hui à se faire élire après être 
•■ntré dans ce cabinet de fourbes a gagné ses épaulettes ™ approu- 
vant de son vote toutes les saletés qui sont venues devant la législa- 
ture depuis qu'il en est membre. 

Jamais il n'a eu assez de conscience pour chercher à mettre un 
terme au.\ otlieuses machinatir-s qui s'organisaient autour de lui 
dans le but d'empoisonner notre législation. Par son vote il a ap- 
prouvé aveuglement les tristes exploits de Mousseau. Il était op- 
posé à une Commission Royale. 

M. Tessier est l'un de ceux qui n'ont pas voulu que la lumière se 
ie jour sur cette législature corrompue. Il sait cependant que 
Mousseau n'est pas le seul coupable. Il a été trop longtemps en 
Chambre pour ignorer ce qui s'y. passait. 

Pourquoi M. Tessier n'a-t-il pas voulu une enquête Royale î 

Voilà une question à laquelle il doit répondre d'une manière sa- 
tisfaisante avant de s'attendre à ce que les intelligents et libres élec- 
teurs de Trois-Rivières votent pour lui. 

Blanchissez vos nègres en Chambre, messieurs les libéraux, mais 
vous ne réussirez jamais à en faire autre chose que des nègres. Le 
peuple ne se laissera pas surprendre par votre hypocrisie. Personne 
aujourd'hui n'a confiance dans la législat-.re, parce que la législa- 
ture, se sentant coupable, a eu peur d'une enquête générale. 

Electeurs de Trois-Rivières, approuvez-vous ce gouvernement in- 
fâme qui empêche la justice du s'exercer dans la Province de Qué- 
liecî Ah, s'il s'était agi d'un infortuné que la misère aurait conduit 
a quehiue petit larcin, avec quels beaux gestes M. Gouin et ses com- 
parses auraient exigé qu'on l'envoyât en prison. Si les soupçons 
avaient plané sur la tête d'un pauvre lioiinne sans influence, avec 
(|uelle cruauté Gouin, Taschereau, Tessier, etc.. rauraiciif-ils humilié 
Il jeté dans les fers. 



u 



Le Châtiment de Trois Boodiers 



Rélégués à la vie privée, malades 
et fuyards, leur conduite peut-elle 
être approuvée par les électeurs de 
Trois-Rivières. 



Quelle confiance peut-on avoir dans 
les députés ministériels de Québec. 



Au lendemain des révttjcions du "Mail", M. L. P. liOraid, M. 
Achille Bergevin, conseiller» législatifs, et M. J. 0. Mousseaii. dé- 
puté de Soulanges, turent forcés de donner leur démission. Tous 
trois sont libéraux. 

ilousseau perdit la carte; Jiérard, après avoir supporté ipielque 
temps le regard hautain de ses compatriotes, dut s'erabar<iuer pour 
l'Europe oii il tâchera d'oublier son crime; Bergevin continue <rêtrc 
ce qu'il était, et il n'y a pas de châtiment plus terrible. 

Leur carrière politique est une preuve vivante des tristes moyens 
(lue M. Gouin met en action pour se maintenir au pouvoir. Les nomi- 
nations de Bergevin et Bérard au conseil législatif furent ni plus ni 
moins que scandaleuses. L'idée maîtresse des pères de la Confédé- 
ration lorsqii'ils ont crée une Chambre Haute dans notre province 
était d'établir un corps auguste, sage et impartial, composé des ci- 
toyens les plus respectés et les plus en vue dans le monde industriel, 
■ 'mmercial et professionnel. Ce devait être une institution éminem- 
ment respectable, un sénat français oii les hommes illustres de notre 
race iraient rehausser le prestige de la législature. Aussi, les pre- 
mières nomiimtions (|ui ont été faites au Conseil nous faisaient hon- 
neur. 

Mais M. Gouin ne se soucie guère du nom Canadien-français 
lorsque ses intérêts personnels sont en jeu. 

Il a nommé à notre Chambre Haute des hommes indignes d'y 
siéger, des individus sans aucune aiitorité, îles partisans violents, 
des candidats battus et des faiseurs <|ui auraient mieux été à leur 
place dans les tripots louches des grandes cités. 



12 



Bergevin était un homme nul, sana profenion, sans métier, poli- 
ticien d occasion, liâbleur d'expérience, ignorant comme une carpe 
et crétin jusqu'à la moëUe, il était le dernier homme que le premier 
ministre pouvait appeler à un poste qui lui donnait le titre d'hono 
rable. Ce qui lui est arrive était prévu. 11 fallait que cet individu, 
placé au faîte > . honneurs, finit par le déshonneur. Pirir la piètre 
somme de $200.00 il était prêt à faire passer un bill dangereux. Il 
a sombré dans le gouffre du crime prévu par l'article 156 du Code 
Criminel. Triste exemple aux yeux de l'étranger du genre d'hommes 
publics, que produit la province de Québec. 

Eleeti'urs de Trois-Rivières, montrez aux autres provinces (jue 
vous n'êtes pas insensibles aux scandales dont vos politiciens se ren- 
dent coupables. Si vous élisez M. Tessier. le 18 courant, les étrangers 
auront raison de dire que les Canadiens- fraiieais sont déniu's de sens 
publie et permettent aux boodler» d'administrer leur pays sans égard 
aux principes d'honnêteté. 

lîérard est le tyjic du iiarvcnu. 11 .iouit l'i Montréal — si l'on 
peut appeler cela jouir — «le la i»eu e?iviul)le réputation d'être un 
imbécile. Sa eonsciener. comme sa conduite dans la «lue.stien du bill 
fameux l'a prouvé, n'est pas ee qu'il y a de plus rigide. Dans i|nel- 
iHK's années il a fait une fortune évaliuV, dit-on. à ^,">00,(IOO. Mais 
cela ne l'a pas eiiiprciit'' d"aeeei>tei" qiielqufs cenîaines di- jtiastri-s 
pour vendre sou vote. 

Il ne fallt pas oiiMier i|iie ISi'iard était l'atui de cciiiii- il.' M. 
Gouin. Pendant un <.n'aîtii tioinUre d'aiilii'i'S il était .son associé. Il 
l'était eneoiT l()rsi|ii"il s'est rendu eoupable de eorniptioii. On sait 
qu'à Montréal le Imn'an ib' (ioiiin .T.ernieux, lîérard, Miii-pli\- et IVi- 
raidt était ni plus ni moins f|iie l'anti-ehatnlire du ealiitiet (Joiiiti. A 
venir juscpi'au milieu de février dernier. M. (iouin en retirait di- frnis 
bénéfices. Le jiicniicr ministre et Mcrard y ont fait une fortnnc 
(^'est i)0ur cette raisi.ii ciue Hérard. très impiipidaire et dénué di 
lent prcstifîc. sans aui-nuc pnsition sinùalc, mais riche tt seuvcrainc 
nient détesté fut apiwlé par M. (iouin à entrer dans lu conseil lc!{is 
l::tit". Il y avait dans les raiiirs luinistcricls des eitoxcns respectables. 
Iil)éraiix cprotivés et lumunes de .iu^eneMit. tels qu'.Mplionsc K.icinc. 
l'Iivier Faueiiei'. I'",lie ( l.df l'riou. K. H. Ijemay. et autres qui auraient 
1 . rtainement fait i>liis lionneur à ce i).-sl' que le nomnié lléranl. 
.>[ais M. (Iouin. oubliant bs ]ili;> clémeiuaircs conveiiiinco. le-, mit 
.le (.".;.'' jiour n.muncr nu liouuii.' (ju'il poui-rait fai*ilem' ut eonnûl.i', 
!..■ îM-.'mi.r ministre ti'a'nie pas s'entourer d'hommes il.- caracti-re 
et il il tou.jonrs évité hs citoyens trop iiuhpcndants. Ce (|u'il lui 
faut, c'e^t des (.artisans a\eue;]es (pli. sur nu sifriie .l.- lui. s.roiit ton 
.j.TUrs iM'éts a fermer l.'s y.'iix sur s.s mauvais prn.jits .t à l'aiilcr ilaiis 
sa eoiirse aux millions. 

]| v.iit jouer au despot.': il désiré admiiii.strer av. e toute la ilan 
séreuse liberté d'un tyran, l'oteiitat nu petit pied, il veut ilominer 
cl il se si'i't de la lirovince lie (^juéliee comme si elle était sa chose et si 
nous étions tons destinés à lui payer tribut. Si la léiîislatnre est au 
jourd'lpii sens le coup d'iiii'^ accusation iiumiliatite .-'est dii à lui. 
car il :i t'ait entrer, fifiii de satisfaire son insatialih' ambition, des 
bon;!: -. qu'il puu\ait manipuler à su fruisc. Kst c- ipa- l'opinion 



13 



publique ne doit pas ae réveiller devant les abus dont il s'est rendu 
coupable 1 C'est aux électeurs de Trois-Rivières & dire si le régime 
Oonin doit continuer d'avantage ou s'il n'est pas temps de balayer 
do la province ces faiseurs qui depuis dix-sept ans l'exploitent à leur 
profit. 

Le cas de Mousseau est l'un des plus tristes qui se puissent voir. 
La lâcheté avec laquelle ses complices lui ont donné le coup de pied 
lie l'âne attirerait nos sympathies si l'on n'était eu face de l'un des 
crimes les plus graves qui soient prévus dans le Code Criminel. Mous- 
seau était l'un des préférés de M. Oouin. C'était son favori. Il le 
comblait de privilèges parce qu'il le trouvait souple, malléable et ca- 
paMe de tout. Il lui avait donné une grande preuve de confiance en 
le nommant président du comité des bills privés et tout indiquait 
qu'il l'aurait appelé au ministère si le scandale n'avait éclaté. En 
sa qualité do garde-barrière officiel Mousseau avait l'oreille du pre- 
mier ministre. Il servait d'interraédiairo entre les députés et les 
ministres. Il tenait ces derniers au courant des manigances de tous 
les promoceurs qui cherchaient à faire passer des lois à la Chambre. 
On peut donc voir quelle sorte d'individus étaient le plus choyés par 
M. Gciiin. Qui se ressemble se rassemble. Dis-moi qui tu hantes et 
.je te dirai qui tu es. 

Mais quand ilousseau a été découvert, M. Gouin, avec l'égoïsmc 
qui l'a toujours caractérisé l'a tout simplement lâché. II en a fait 
un boue émissaire. Il a mis sur son dos tous les péchés d'Israël. Il 
n'y a que les âmes liasses qui puissent accomplir de telles actions. 

Mousseau est aujourd'hui sur un lit de douleur, et il s'est déslio 
non'-. Son eliâtiinent .'st terrible. Il expiri', mais il n'est pas le plus 
coupable. 

Le gi-auil coupable, c'est JI. (ionin i|ui a laissé la Icgislature dé- 
Rcnércr et a confie à di-s uuiins inliabili-s et malhonnêtes les tâches les 
plus discrètes. 

Mous-seau ne lUiit pus e.\pier seul. Il faut que le cabinet même 
soit puni. Klccteurs .le Trois-Hivièrcs, tout le pays a les yeux sur 
vous. M. T(>ssicr fut Tuii des chauds partisans du" cabinet taré, i|ue 
nous avons à (Jucbec. Allez-vous sauver notre honneur en votant 
pour M. Désy. ou préférez-vous approuver par un vote inconsidéré 
des actes qui i-épugncnt A votre conscience! 



14 



L'honneur des Canadiens-Frenceis 



Les libéraux de Québec nous font 
passer pour une race de Boodlers. 



Quelle opinion les Anglais auront-ils 
de nous si M. Tessier est élu ? 



Le scandale Mousseau-Bérard-Bergcvin suivi de près par le 
scandale Ëvanturel à Toronto font à notre race un dommage consi- 
dérable et difficile à réparer. Dans ce pays bilingue où nous som- 
mes plus ou moins regardés en suspicion par une certaine partie de 
l'élément anglais, il nous incombe de ne pas donn.^r prise à la criti- 
que. Nous avons contre nous des fanatiques qui sautent sur toutra 
les occasions possibles pour nous discréditer et diminuer notre im- 
portance. Aujourd'hui les citoyens des nroviuQes anglaises lèvent 
les épaules de dégoût quand on leur parle des hommes publics de la 
province de Québec. Les libéraux nous ont fait une réputation ilé- 
testable. 

Or, noblesse oblige. Il ne faut pas oublier que nous sommes la 
nation la plus frain.'aise du monde entier, après la France. Nous 
avons à faire respecter les ti-aditions et les vertus qui sont l'apanage 
de toute une race. Notre législature, doit conserver les sentiments 
chevaleresques iiui ont été la gloire de nos aïeux. Peuple jeune en- 
core, nous sommes obligés, au début do notre existeneo nationale, 
d'inspirer à l'Ktranger, la confiance et le respect. 

Malheureusement, le î>arti libéral do Quélu^e est ent.ain de nous 
déshonorer. 

A t|noi do ,c aura servi la lutte séculaire de nos ancêtres pour 
obtenir le gouvernement responsable si nous en abusons, si nous em- 
ployons la législature pour pratiquer la corruption. 

Il y a à peine un mois le "Times", de Londres, disait, au len- 
den lin du scandale lïousseau-B-ranl et Bergevin, que le parlement 
ang dis devait enlever à la province de Québec sa constitution. Quelle 
humiliation. 

Quel déshonneur nous fait essuyer le parti de M. Gouin. 



15 



On iiioiiacf il.' ituim mettre au rang des nègres pnrcu nnv iioh lé- 
gulateur;, y compri» M. Tewier, se sont montré» iridigiuM d'atlmiiii»- 
trer les fonds publics. 

L'Angleterre prétend maintenant que la province de Québec est 
incapable de se gouverner. 

Nous mériterons toutes ces insultes si nous sommes trop parti- 
san» pour punir les gouvernements qui trafiquent avec les conscien- 
ces. 

Quel est ,en une telle occurrence le devoir des électeurs île Trois- 
Rivièresl 

Il nous semble qu'il n'.v a pas à hésiter. La circonscription de 
Trois-Rivieres est l'un des boulevards de la nationalité canadienne- 
française. Ce fut l'un des endroits où notre race a fait souche, où 
nos aïeux ont jeté les premiers jalons de ce vaste pays qui prospère 
aujourd'hui sur les bords du Saint-Laurent. On peut dire que le 
coeur même de la race canadienne-française se trouve dans cette ville 
si pittoresque qui a joué un rôle prépondérant aux temp» héroiViues 
de l'histoire Canadienne. 

Trois-Rivières a un devoir à remplir. Notre honneur est entre 
ses mains. Va-t-il sanctionner les turpitudes du gouvernement Gouin T 
Va-t-d passer l'époque sur des scani^iles que réprouvent tous nos 
compatriotes et dont l'écho s'est répandu dans le monde entiert 

Il est vrai que M. Tessier mérite d'ètrt battu, mais il ne s'agit 
pas tout ici de sa personne que de conserver le nom de notre province 
et de notre race. Les électeurs sont obligés de montrer qu'il y a ici 
comme ailleurs de l'esprit public. La consultation du peuple' se ré- 
duit à une farce ignoble, si un gouvernement soutenu par une légis- 
lature accusée de corruption et opposé à une enquête royale qui dé- 
voilerait les coupables, peut obtenir un mandat de confiance. Ce se- 
rait à désespérer de notre régime constitutionnel. 

Electeurs de Trois-Kivièrcs, avcz-vous confiance dan» MousseauT 

Avez-vous confiance dans Bérard et Bergevinî 

Avez-vous confiance dans le comité des bills privés î 

Avez-vous confiance dans la présente législature de Québec? 

Ne trouvez-vous pas que les libéraux ont été trop longtemps au 
pouvoir? 

N 'est-il i)as le temps de faire un changement ? 

En M. Tcllier vous aurez un premier ministre honnèti- it ferme. 

M. Désy est un jeune homme plein de talent et, en toute occa- 
sion, quand il sera votre député, il vous fera honneur.